Moby, Dick…


D'après Courrier International du mois de mars 2007, certaines universités américaines proposent des options de cours plutôt originales.

Une liste des 12 cours les plus politiquement incorrects vient d'être éditée par la Young America's  Foundation.

Cette fondation a attribué cette année son premier prix à l'Occidental College pour un cycle universitaire appelé Le Phallus, dans le cadre du programme
« Théorie critique et justice sociale ».
Ce cours a pour objet d'analyser le « rapport entre pénis et phallus, phallogocentrisme, le phallus lesbien, le phallus juif, le phallus latino et la relation entre phallus et fétichisme ». Phallus lesbien… ?? Pénis
≠ Phallus ?
Il semblerait que ce ne soit pas un cours de biologie, mais un thème traité sous l'angle des sciences sociales. Dommage...

D'autres cours délivrés par la même université portent sur la Blackness (négritude ou fait d'être noir), et tentent d'explorer la blackness-critique, la post-blackness, la blackness homo…
Une fac du Massachusetts délivre quant à elle le pendant du cours Black avec une série d'interventions sur la Whiteness, (lesquelles « examinent la construction de la whitness dans les contextes historique, juridique et économique qui lui ont permis de fonctionner comme une condition préalable permettant d'accéder aux privilèges et de développer des préjugés raciaux ». Tout un programme. Toute l'histoire du monde et du conflit des civilisations en gros...

L'université de Californie a décroché la deuxième place avec la « musicologie homo ». Le principe est que si t'es gay, tu ressens la musique d'une autre manière que les hétéros… Mouais. Je reste perplexe, mais j'imagine que ça doit s'appuyer sur de solides bases théoriques, ou pas. Je persiste à penser qu'il n'y a que la sexualité qui change entre un homo et un hétéro...

A Cornell, dans l'Etat de New-York, une option aborde « le cyberféminisme » (10ème au classement) : l'utilisation des ordinateurs par les femmes. Ben si.

Alors je me pose cette petite question : soit certaines facs sont confrontées à une déperdition du nombre d'étudiants dans leurs amphis, et souhaitent en attirer davantage avec des programmes plus attractifs ; soit les facs américaines déchirent leur mère et sont à l'avant-garde de nouveaux modes et contenus pédagogiques, qui permettront de révolutionner le monde et nos manières de penser… (j'm'emballe).

J'opte pour une réponse de normand.




Article ajouté le 2007-03-09 , consulté 633 fois

Commentaires


Lambert le 09/03/2007 à 09:49:11
Les mots "Pénis" et "Phallus" ne désignent effectivement pas la même chose: le pénis est l'organe génital masculin au sens premier et c'est sa dédignation biologique générale lorsqu'il est au repos; le phallus, quant à lui, désigne le membre viril en érection (ce qui change tout, vous en conviendrez).
Moralité, d'un point de vue symbolique, c'est bien le phallus qui est associé à la vigueur et à la fertilité et non pas l'espèce de nouille molle qui pend entre les jambes des ressortissants de la gent masculine...
C'est pourquoi dans le langage usuel, on parle plutôt de formes "phalliques" (rappelant le membre en érection) et de "phallocrates" (hommes persuadés que leur engin leur assure une suprémacie sur les femmes), plutôt que de forme "pénienne" (médical) ou de "pénicrates" (mot qui n'existe même pas à ma connaissance).
Voilà. ^^
Laparolestdor le 10/03/2007 à 11:41:54
merci à Lambert pour ces précisions importantes...
quant à moi, étant de souche normande, je serai tentée de répondre par un p'ête ben qu'oui, p'ête ben qu'non, ayant une goutte de sang breton, je pourrai m'entêter et chercher une autre réponse, mais le tout est temporisé par le soleil du sud-ouest qui brille actuellement et me rend aussi vive qu'un aï en pleine digestion... (oui j'ai étudié les bradypus dans une fac américaine...)

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